En fait, j’aimerais bien avoir un amoureux.

Deux adolescentes, attablées devant moi.

Elles sont belles, fraîches. Elles discutent de tout.

Leurs rires arrivent vite et repartent aussitôt.

Leurs pensées fusent comme le TGV.

Dans leurs têtes, tout va trop vite.

J’ai de la peine à suivre !

Elles dégustent des boissons non identifiées pour une vieille de mon âge, car oui, elles viennent de dire que 40 ans, c’est le nouveau 30 à ce qu’il paraît… mais c’est quand même grave vieux.

Bref. L’une des deux a lâché cette phrase :

En fait, j’aimerais bien avoir un amoureux.

J’ai trouvé ça so cute.

(oui, je m’adapte à leur langage !)

Elle l’a dit, comme si elle s’excusait de l’avouer. Comme le doux secret d’un manque.

Elle n’a pas dit un copain. Elle a demandé un AMOUREUX.

Elle veut exister dans le regard d’un garçon.

Et puis je me suis demandé :

À quel moment on arrête d’utiliser ce mot, que l’on trouve trop naïf peut-être ?

On ne dit plus amoureux, on dit :

  • Je suis avec quelqu’un.

  • J’ai un compagnon.

  • Je te présente mon mari. 

Or, ce mot ne parle ni de durée, ni de statut.

Il évoque juste un battement de cœur.

L’amour avant les peurs, avant les protections.

L’amour avant qu’il fasse mal.

À 15 ans, on ne cherche pas quelqu’un.

On cherche une preuve qu’on compte et ça finalement, ça ne disparaît jamais vraiment.

J’imagine que le mot « amoureux » s’éteint avec l’innocence,

ainsi qu’avec les déceptions.

 Alors je m’interroge.

Peut-être que vieillir, ce n’est pas perdre l’innocence mais arrêter d’utiliser les mots qui nous rendent vulnérables.

31 août 2025

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Ben, moi, tu sais, la vie, je fais avec.

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C’est pour ça que je ne mets pas de lunettes, c’est pour ne pas me voir vieillir.