👟 si vous saviez ce que j’ai mal aux pieds

Il existe des conversations qui ne dureront jamais plus que le temps d’un escalier.

Trois minutes, une histoire de baskets, un sourire.

Je vous explique. 

Je sors d’un rendez-vous et je croise dans l’escalier une jeune femme dont je ne pourrai reconnaitre que les baskets et la voix, puisqu’aucune de nous ne lève les yeux vers l’autre.

Elle me lance de but en blanc : 

—   Si vous saviez ce que j’ai mal aux pieds.

Évidemment, mon regard se pose sur ses chaussures. Alors, elle enchaîne aussitôt.

—   Non, vous ne rêvez pas, je suis pourtant bien en baskets.

Nous échangeons quelques phrases autour de cette idée simple : au fond, ça ne devrait pas être si compliqué de créer des baskets à la fois confortables, design et modernes.

Mais ce qui m’interpelle en réalité, ce n’est pas le sujet de notre conversation. C’est la scène.

C’est la liberté de ces échanges minuscules.

Parler sans contexte. Sans rôle à tenir. Sans attente réciproque. Sans rien à prouver. 

Des échanges simplement naturels.

Sans comparaison implicite, sans politesse codifiée, sans performance sociale.

Comme une forme de lien minimaliste, spontané et léger. 

La vérité, c’est que nous avons besoin de ces liens sociaux mais pas toujours de relations.

Nous n'avons pas forcément besoin d’histoires, d’obligations, de suite.

Mais juste d'un moment, parfois.

On ne sait rien de la vie de l’autre et pourtant, pendant un instant, on aura été un peu humains ensemble.

Et c’est peut-être pour ça que ça fait du bien.

06 mars 2026

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🌸 Un merveilleux bonjour